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mardi 5 août 2008

Jour 20 : Before New year's Eve 2007 (part 3)

Back in New York City, Back in december, Hell it's cold!

Le compte à rebours pour la nouvelle année résonne déjà dans ma tête. Nous prenons le taxi, Pénélope demande de monter le chauffage... C'est vrai qu'il caille à cette époque de l'année dans la grosse pomme. Nous quittons le meatpacking district si cher à nos vieilles rombières de sex in the city pour rejoindre le quartier UBER HYPE (déjà en déclin alors que j'écris ces lignes) qu'est LES. Nous avons rancard avec RayRay dans une épicerie ouverte twenty four/seven. Nous achetons un pack de bière, ça constituera notre sésame.

Nous entrons dans un immeuble délabré, utilisons un ascenceur industriel et arrivons au beau milieu d'un salon gigantesque... C'est tellement beau que ça en devient presque une carricature! Le loft new yorkais typoque : briques apparentes passées à la chaux, meubles design, fenêtre gigantesques... Ecoeurant! Pénélope me lance fièrement : "t'as vu je me suis pas foutue de ta gueule! ça en jette mon after!" Effectivement, l'after en jette... Sur la table basse repose un plateau où les lignes sont déja prêtes. Il suffit juste se baisser, et ben on s'est tellement baissé que ça me fait mal au dos de m'en souvenir.

Les propriétaires des lieux ne sont pas là... En fait, l'organisateur de la soirée est un voisin à qui ils ont laissé les clefs. Ils ont de la chance il arrose les plantes et il tape dans leur réserve de champagne et de vins français. On est un connoisseur ou on ne l'est pas!

La dope aidant je commence à socialiser avec l'agent d'un groupe de rock indépendant, dont j'ai oublié le nom, qui m'annonçe fièrement avoir fait signer son groupe chez DefJam. "Un groupe de rock chez DefJam ? Et pourquoi pas Metallica chez Tuff Gong ? You're sure you wanna make it your day job?" Sur cette déclaration, notre impresario cocainomane s' empresse de ne plus parler! RayRay a commencé à me poser des questions musicales en essayant de me piéger. Je m'en sors pas mal! Je réussi même à deviner dans quelle partie du Bronx il avait grandi en l'écoutant parler de ses groupes de rap préféré : South Bronx Baby!

On a bien sympathisé avec RayRay, tellement bien que lorsque la coke s'est raréfiée il me proposé de venir chez lui pour l'aider à faire le ravitaillement... "Let's Go man, it's only 8 in the morning, I live two blocks from here. And you know what? It's very secure, it's just in front of the police station!" Normalement, dans un état normal, un mec normal se serait dit : aller chercher de la coke dans un pays étranger, chez un dealer en face d'un commissariat, ça sent pas bon ça! Et ben moi, devinez quoi ? J'y suis allé...

Nouveau lieu, nouvelle description... Quand j'étais petit ça me soulait de lire des bouquins avec trop de description... Alors je vais vous épargner et résumer l'appartement de RayRay en quelques mots. Il s'agit d'un trois pièces plutôt propre avec des icônes religieuses partout et une réserve de coke cachée dans un pot à café dans la cuisine. Nous nous installons, il me sert une bière et commence à préparer les petits sachets. Il a réparti environ trente grammes en un tas conique dans une assiette sur la table à manger et il pioche dedans avec le coin d'une carte de crédit. Il conditionne le tout dans un petit sachet en plastique zippé qu'il pèse par la suite. Sa technique est rodée, il va drôlement vite! "You wanna try?"

Je m'approche de du tas et m'applique à répliquer ses gestes. "You're all wrong man! what's the hell with you?" Il s'approche de moi avec un énorme sourire me prend la carte des mains et en prise le contenu! "It's one shot for the bag and one for you!" Nous continuons à empacter 5 nouveaux grammes au même rythme... Ca y est je suis complètement stone!

De retour au loft, nous retrouvons notre petite troupe de junkies à moitié en descente. Ils se jettent quasiement sur les quelques grammes que nous posons sur la table... C'est moche à voir, mais je suis certain que j'aurais fait la même chose à leur place...Avec un peu plus de retenue certainement, Jocelyn a un certain standing à maintenir. Pénélope me dit qu'elle vient juste de me préparer une ligne. Je refuse, je suis trop high! Nous sortons alors sur le toit de l'immeuble pour regarder Manhattan... Je n'ai plus froid, il est presque midi, c'est l'heure d'aller faire les boutiques!

vendredi 1 août 2008

Jour 17 : Before New year's Eve 2007 (part 2)

Une fois son envie pressante assouvie Pénélope et moi nous asseyons dans le canapé et ouvrons une nouvelle bouteille de Veuve. Certains diront que le champagne est une boisson vulgaire, et que la surconsommation qui en faite au travers de ces pages ne redore pas mon blason. Mais j'aime les bulles, j'aime cette charmante acidité et surtout j'assume mon statut de parvenu. Nous sommes déja bien attaqués lorsque nous descendons de la chambre.

Nous commençons alors une tournée des boites new yorkaises hype... Tellement hype, qu'il parait que Kate Moss a vomi sur la piste de l'une d'entre elles pas plus tard que la semaine dernière : LA GRANDE CLASSE ! Les rythmes sont ceux que j'aime, et on se rend compte qu'on est dans la ville de Jay Z... Je n'en dirai pas plus...

Dans le deuxième club nous croisons l'un des amis de Pénélope, il s'agit de RayRay. Il est grand, mince porte un jean slim et des lunettes de soleil : c'est un dealer notoire. Il n'est pas très causant, mais il a une énorme qualité : il fait le gramme à 20 dollars. Nous en achetons la quantité qu'il faut pour passer une bonne soirée. À cette époque nous avions développé avec Joe la théorie dite du "nombre de grammes suffisants". Heureusement, que ces temps sont révolus!

--- Théorie du nombre de grammes suffisants ---
Pour deux personnes qui veulent passer une bonne soirée quel est donc le bon grammage de cocaine? (NB : une bonne soirée s'étalant généralement de 23h à 7h du matin)

1er gramme : Suffisant ou pas du tout suffisant, au choix. Il permet de tenir les 2 premières heures et ensuite dodo! Dans tous les cas c'est le meilleur!

2e gramme : Le piège, le deuxième gramme ouvre la voie vers une consommation excessive. C'est généralement à la fin du deuxième qu'on se rend compte qu'il n'y en a plus assez.

3e gramme : S'inscrit dans la continuité des deux précédents. Il provoque l'accellaration de la courbe de consommation. En résumé plus on en prend, moins on la sent!

4e gramme : Le quatrième dure environ 30 minutes. C'est à ce moment là, que nos très chères narines commencent à se boucher (la moitié de chaque ligne retombre sur la table et l'autre moitié restera perdue dans les lymbes de votre cloison nasale) Il convient de gérer efficacement ce phénomène. C'est généralement à ce moment que les effets pervers de la cocaïne se font sentir : difficulté à finir les phrases entreprises, élaboration de théories débiles, voir pour certain développement du phénomène de texture (mais ce n'est pas l'objet du présent article).

5e gramme : Le cinquième est celui à partir duquel nous arrêtions, et est souvent synonyme de lever de soleil et d'oiseaux qui chantent. Il ne constitue que le prolongement du quatrième... En fait, il ne sert qu'à maintenir l'état second dans lequel on se trouve! On peut s'arrêter là mais on a toujours l'impression qu'il manque quelque chose...

6e gramme : C'est le gramme de l'oppulence, il ne sert strictement à rien... Il confirme la théorie selon laquelle le comble du luxe, serait le gachis. C'est aussi à ce moment que le corps reprend le dessus, la fatigue physique empêche toute socialisation... En un mot comme en cent, il est temps d'arrêter!

--- /Théorie du nombre de grammes suffisants ---

Les soirées new yorkaises ont une fin, et celle-ci arrive souvent entre 3 et 4 heures du matin. Certains diront que c'est tôt, d(autres que c'est suffisant, moi je dirai juste qu'on avait pas envie de s'arrêter là.
- T'as pas un plan pour un after ?
- Je sais pas... Putain t'es exigeant toi !
- Depuis le temps tu devrais le savoir non ?
- Attends, je passe un coup de fil.

Mision accomplie ! Nous sommes invités dans une après-soirée à Soho, ça doit se passer dans un loft extraodirnaire. Mais on est invité par qui au fait ? C'est ce brave RayRay qui nous a incrusté. Décidément, je l'aime bien ce RayRay et mes narines le lui rendent bien!

mercredi 30 juillet 2008

Jour 16 : Before New year's Eve 2007 (part 1)

Après un nombre bien trop important d'heures d'avion confortablement installé en classe économique, je peux enfin vivre mon rêve américain! Je roule dans une décapotable qui consomme trop d'essence, je manges des wraps et je bois de la Bud! CALIFORNICATION, je te touche du bout des doigts! Je suis torse nu sur la terrasse face à la mer et je kiffe! Ce coin de la Californie, ça ressemble un peu à la Bretagne mais en moins chiant : il y a des falaises, des mouettes, des moules mais aussi des point breakers, des routes exagérément larges et les bigoudènes ont troqué leur robes et rubans contre des ongles fluos et des survètement en peau de pèche rose bonbon!

Je prends le frais... Le retour à la vie saine : c'est mon nouveau crédo! Et ben, il s'en est pris plein la gueule le crédo... Bah oui parce que sur la route pour la californie, il y a quoi ? Et ben, il y a New York. Et à New York, il y a qui ? Et ben, il y a Pénélope! La soirée a donc commencé avec Paul à 16h en attendant la jolie demoiselle. Deux coupes de Vouve Cliquow et deux double grey goose plus tard nous la rejoignons pour l'apéro! Resto japonais, visite de notre chambre au W et séparation parce que son Boyfriend supporte pas qu'elle fricote avec un frenchie ami de longue date... C'est peut être autre chose, ça remonte peut être à la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, ça remonte peut être à janvier, c'est peut être à cause de cette soirée un peu trop folle que je me suis retrouvé personna non grata dans le coeur de ce brave Johnny... Il nous faut donc quitter ma quiétude du moment, les plages californiennes et mon histoire d'amour pour nous retrouver sept mois plus tôt! Le programme solitude, mal-être et une grosse envie d'oublier tout ça!

Je l'ai toujours dit, la meilleure façon de passer un trajet en avion, c'est de se défoncer la veille. Seulement le 28 décembre 2007, j'ai un peu forcé la dose et je me suis retrouvé à saigner du nom au beau milieu d'un Airbus qui survolait gentiment le Groenland... Ca n'avait rien à voir avec l'altitude... J'atterris à JFK le mouchoir à la main et passe avec brio les frontières du pays de la liberté. Mon Blackberry vibre, je reçois deux messages :
- Yo Mec, j'ai réservé trois clubs ce soir, ta première nuit tu vas pas l'oublier!
- Jocelyn grouille toi, le champagne va refroidir :)
Le premier est de Pénélope, l'autre de Paul qui m'attend à l'hôtel. Ca s'annonce pas mal... Les narines me piquent, atchoum! Putain, encore un kleenex bon à jeter!

Le trajet en taxi semble long, et puis tout à coup l'illumination, j'aperçois Manhattan... Les buildings éclairés se dressent devant moi à chaque fois j'ai l'impression que c'est Noel, mais on est le 28 décembre alors il faut que j'arrête d'être con. Et puis c'est connu le père noel n'existe pas. Quand on vient de Paris, ça fait un choc et on se dit toujours que Céline avait raison : "New York c'est une ville debout!". Après avoir traversé le Brooklyn Bridge, j'arrive dans le LES, Rivington Street pour être exact, The Hotel On Rivington pour être précis. Paul et Nadia m'y attendent avec une bouteille de Cristal fraichement débouchée... Ca tombe à la perfection, j'avais l'impression d'être sobre et il me fallait un remontant. Une fois l'apéro, terminé nous nous dirigeons vers le Cube 63, mon restaurant americano-nippon préféré. On y mange des Jalapeno rolls et le spicy tuna s'y accompagne de philadelphia cream cheese. C'est très bon mais ce n'est pas tout puisque le plaisir du palais s'accompagne aussi de celui des yeux : ce restaurant regorge de jolies filles. Le seul bémol serait le volume sonore produit par lesdites jolies filles. En effet, l'américaine est un spécimen spécial facilement reconnaissable aux bruits qu'elle produit : elle ne parle jamais! Au mieux elle piaille et au pire elle se met à hurler (le tout restant très aiguë et très nasal).

Nous sortons du restaurant après avoir profité du spectacle de la new yorkaise du vendredi en pré-soirée et rentrons à l'hotel. Dans le hall, je suis surpris par un cri strident. Une des jolies pintades du resto nous aurait elle suivi ? Non, bien évidément, il s'agit de Pénéloppe! Elle me saute dans les bras et me glisse à l'oreille : "On peut aller dans ta chambre j'ai une énorme envie de faire pipi..." From hell to heaven, nous arrivons dans la chambre... La vue est impressionante : une baie vitrée complète sur downtown, l'ameublement lui convient surtout le plateau miroir de la table basse.

Jour 14 : Quelques photos intimes

Une fois n'est pas coutume, l'image remplace l'écrit... Jocelyn se dévoile un petit peu...





"L'une des villes que je préfère"





"Mon jardin secret parisien"





"Ma petite faiblesse ;)"

samedi 14 juin 2008

Jour 5 : Un peu de New York sous la peau

- Si tu te fais tatouer, je le fais aussi
- Tu te dégonfles pas !
- Mais non...
- Il faut qu'on trouve un bon tatoueur
- Il y en a dans Greenwich...

Un coup de yellow Cab et nous nous retrouvons Downtown. On est à Greenwich sur la 7e rue. Il s'agit d'un quartier séduisant, calme proche de la NYU. Il y a beaucoup d'étudiants, de bars, de sex shops, et de boutiques de tattoos. Ces dernières sont souvent signalées par des néons rouges explicites. La pression commence à monter. Je ne me ferai jamais tatouer une tête de mort avec des vers qui lui sortent du nez! Pas possible. "Hi guys, may I help you". Nous répondons gentiment à la  serveuse que nous ne sommes pas intéressés et repartons dans notre quête du bon motif.

Trois boutiques et plusieurs dizaines de planches plus loin nous entrons dans un nouveau salon. On entend du rap dans la boutique, c'est motivant. Les catalogues sont épais, il y a beaucoup plus de choix,on tourne les pages et nous nous choisissons des motifs tribaux. Nous sommes des débutants en tatouage... Nous faisons en quelques minutes un choix qui selon les vrais passionnés se prépare en plusieurs mois. Nous n'y connaissons rien mais on s'en fout...  Pour moi, ça sera entre les omoplates et pour Simon sur l'épaule droite. Putain on a 15 ans... Je tremble un peu, m'approche du comptoir avec le motif. C'est parti !

Simon passe en premier.
   - How much time does it take ?
   - For life man.
Ca doit durer 20 minutes. Simon demande s'il est possible d'appliquer un peu de lisocaïne sur la zone où l'aiguille va injecter l'encre sous la peau. "No guy, that's not how we do. You'll never find anybody in the world doing this. You got to feel your tatt'". On appréhende la douleur. Le cérémonial commence. Le tatoueur, s'appelle Juan, il nous montre son travail. Il veut nous rassurer, il a déjà fait des trucs bien plus compliqués. C'est vrai, on regarde son book. On scotche sur l'épaule d'un type marqué d'un nom féminin. Il devait vraiment croire que l'amour dure toujours. Simon s'assoit dans le fauteuil. Un gros fauteuil noir, en skai déchiré. Tout est stérile, Juan est fier de nous préciser que son magasin est safe en déchirant les emballages d'aiguilles. Il fait une copie du modèle choisi. Applique une espèce de décalcomanie sur la zone à tatouer. Il prépare la vaseline et branche le dermographe. On risque une dernière question :"Est-ce que ça fait mal ?". Juan sourit, et nous répond que ça fait un peu mal mais rien de bien terrible.

Je reçois un coup de fil de Paul, il arrive. Il veut assister à la scène. Le travail commence. BZZZZZZ, l'aiguille commence à frapper l'épaule de Simon. Le bruit est impressionnant et l'odeur âcre envoutante.
   - Ca va, ça fait pas trop mal. Si en fait ça picote un peu. Mais ça va ça se supporte. T'as pas envie de me raconter des trucs ?
   - Si, si... Tu sais qui gagne entre superman et Batman ?
Le dessin prend forme,les lignes du décalcomanie se remplissent d'encre indélébile. C'est magique. Simon grimace. Je lui demande si ça va. Il me dit qu'il a mal. Et puis au bout d'un moment, ça passe. Il est anestésié. Il va mieux, il grimace moins, serre moins la machoire, relache ses poings fermés. Les 20 minutes sont passées. Le tatouage est terminé, la tortue tribale a pris place sur l'épaule de Simon. Elle l'accompagnera toute sa vie.

C'est mon tour. Je tremble un peu. Paul est à coté de moi. Il se demande si je vais aller jusqu'au bout. Je la veux ma marque. Je m'installe sur le fauteuil doucement. Je souffle un bon coup. Je baisse la tête. Juan peut commencer son travail. Fabiola et Simon prennent des photos, je fais semblant de sourire. Putain, ça fait mal. Ca fait juste trois minutes, que le BZZZZ a commencé, trois minutes d'une douleur lancinante. Trois minutes, encore trente sept à sentir l'aiguille exploser mon épiderme, à sentir l'encre s'insinuer sous ma peau.

Simon s'est absenté et revient avec un sujet de conversation passionnant. Il a décidé de me parler de piercing et des photos qu'il a vu dans la boutique : une collection incroyable de P.A. "Ca doit faire mal!!!." C'est clair que ça doit faire mal. Mais en ce moment je suis en train de jongler sévère et ça pourrait m'aider de me changer les idées. C'est pas difficile de parler de cheesecake, de jolies filles, de putes en Thailande... De trucs agréables quoi! Et ben non, lui ça l'éclate de parler de truc super glauques et de bites percées alors que ça fait 38 minutes qu'une aiguille me défonce la peau. C'est bientôt terminé. Je fais le compte à rebours dans ma tête. "Done ! Uh, it was long. You see I didn't lie, it doesn't hurt so bad. Look at it in the miror. Do you like it ?" Bien sûr que je l'aime, j'ai trop souffert pour ne pas l'aimer!

vendredi 13 juin 2008

Jour 4 : Introducing Pénélope

Il est 8 heures du matin, Joe et moi nous nous séparons après une nuit semblable à celles que nous avons l'habitude de passer ensemble. Je monte me coucher et repense à notre première rencontre au Pachyderme vers République. A cette époque, j'accompagnais Pénélope pour un diner en tête à tête... Pénélope, la seule qui aie su inverser les rôles... La seule qui me fasse attendre...

Back in the days, fraîchement débarqué de l'avion, je suis avec Simon et Patrick sous sol de l'APT une boite de la 13e rue et elle danse face à moi. Elle est belle dans sa robe assortie à ses longs cheveux noirs. Le tissus épouse son corps, elle bouge en sur d'elle sur des talons particulièrement hauts. Elle pourrait paraître vulgaire avec son tein pâle, ses cernes discrètes et son rouge à lèvre carmin... Je la trouve juste belle, différente des autres américaines qui se déhanchent sur la voix aigüe de Pharrell... Mooove, she wants to moooveee... Hit me! Nous échangeons des sourires. Je prends mon courage à deux mains et je m'approche d'elle maladroitement.

- Hi, I'd like to know if i could offer you some drink...

- Sure, where are you from ?

- France, Paris

- T'es français ? Moi aussi, ça fait du bien de voir des français.

- Je te trouve très jolie

- Merci.

- Alors qu'est-ce que tu prends

- Whisky on the rocks, tu es là pour les vacances ou tu vis ici ?

- Vacances

- Tu pars quand ?

- Samedi prochain.

- Cool on va pouvoir se revoir alors ?

- J'espère....



Quelques jours plus tard, mon téléphone sonne. "Salut, c'est Pénélope, tu fais quoi en ce moment ? On peut se voir ?". J'hésite, je bafouille et je finis par sortir quelque chose qui ressemble à un oui. Elle me donne rendez-vous à l'angle de Broadway et de Lafayette. Je suis un peu en avance, alors je fais un tour dans le quartier, je n'aime pas être le premier. Je n'aime pas donner l'impression que j'attends quelque chose des gens. Je ne veux plus être celui qui se trouve en situation d'infériorité. Après deux tours du block, je la vois arriver. Elle est toujours aussi belle, toujours vétue de noir, de larges lunettes de soleil cachent une partie de son visage et certainement les séquelles de la nuit précédente . Jusque là tout va bien. C'est la suite que je n'avais pas prévu.

Les mots se mélangent, je cherche à tout remettre dans le bon sens. J'y arrive pas. On s'est promené dans les rues de New York. Je me suis senti revivre pendant un moment. Il s'agit d'un de ces moments simples que l'on a du mal à raconter. Un moment que vos amis trouvent ridicule. Le genre de moment que l'on n'oublie jamais. Un moment qui laisse des séquelles, qui fait que l'atterrissage est trop dur.

On a pris un verre dans le L.E.S., pas loin d'Orchard Street, fait du shopping sur Lafayette et Rivington, chill out in NYC, c'était bien. On a parlé de nos vies, de nos goûts, de ce qu'on aimerait faire et de ce qu'on faisait tout simplement. Putain, c'était bien. Trois heures qui ont duré à peine une minute. Le temps passe toujours trop vite quand on est heureux .