vendredi 29 août 2008
Jour 29 : Propre comme un sou neuf !
Après une calvacade dans un yellow cab peu coopératif, j'ai réussi à grimper dans l'avion qui me ramène au bercaille. J'ai des images plein la tête! Ca part de l'empire state building en passant par Miami et Collins avenue pour revenir dans le meatpacking district le tout vu au travers de verres teintés en rose! J'ai fait le plein pour au moins trois ans. Je vais pouvoir à nouveau me jeter à corps perdu dans le boulot et continuer à diminuer mon espérance de vie. Mais ce coup-ci, je vais le faire plus sainement. Enfin c'est ce que je me dis...
Ma semaine avec Hélène est passée trop vite... MAis on s'en doutait tous. Vous savez un peu comme quand on on a vingt cinq ans et qu'on se réveille un matin à l'aube de ses trente et une piges! C'est pareil, ça passe trop vite... En parlant de ça justement, ça me laisse neuf ans de kiff jusqu'au prochain BIG BANG! C'est marrant, j'ai l'impression de sortir la tête de l'eau et d'inspirer de grandes bouffées d'air frais. Je me sens à des kilomètres des conneries du début de l'année et de ma pseudo descente aux enfers, loin des diagonales et loin de la texture.
--- Back in the days ---
La texture, c'est une expression qu'on a inventé Joe et moi... Elle est liée à notre cher ami Gérard "j'en ai rien à branler Aumax"... Tout remonte à une soirée de février. Il est 21h, et je sors du boulot. Il s'agit d'un de ces soirs où j'avais vraiment envie de foutre la tête en l'air. Moralité, j'appelle mes potes pour faire la teuf. Gérard est sur répondeur, Joe répond. On se retrouve dans vers Saint-Michel pour manger une crèpe et decider du plan à suivre... Le tout ressemblera à ce qu'on connait déjà : Champagne, coke et vodka, coke... Un putain de quarté gagnant et dans l'ordre s'il vous plait! On est donc dans une crèperie à discuter et suivant notre coutume on se fait une "poutrelle-crèpe" afin d'inaugurer l'endroit. (Note pour le lecteur : dans une pizzeria on aurait parlé de "poutrelle-pizza"). Nous arrivons vite à la fin de notre repas sain et équilibrer et je me dis que c'est dommage que Gérard ne soit pas là. Joe me réponds, il a pas la pêche et il trouve que t'es chelou en ce moment... Qu'à cela ne tienne, je vais faire fondre la glace avec un peu de Dom Pérignon. Un taxi plus tard, nous retrouvons chez Gérard.
L'accueil est un peu froid, mais c'est pas grave... On est chargé comme des poneys, alors on va mettre l'ambiance! Je débouche la bouteille, sers trois flutes dans dans des verres à whisky et j'entame la conversation. Gérard me tourne le dos, il fixe sa table de mixage et répond à chacune de mes questions par une seule et unique réponse : Putain, il est bon le son... T'as vu la texture ? J'ame bien quand y a du souffle. Et ça tu peux pas le faire avec des ordinateurs il faut du vrai matos... Du Akai ou du Roland. Attend j'entends mieux avec mon casque... C'était le début de la texture du son, et putain elle a duré cette pute!
La texture dans notre jargon ça représente ça : un mec défoncé qui devient complètement monomaniaque. Mais rassurez-vous, la texture n'est pas uniquement musicale, elle peut s'appliquer à tous les domaines de la vie courante :
- La texture des taux de change (a.k.a. texture du franc suisse)
- La texture du licenciement
- La texture de l'amitié
- La texture des vêtements
Je m'arrête là, car il s'agit d'une liste sans fin.
Y a rien à faire avec la texture, il faut la supporter ou partir... Tout le monde le sait, au bout d'un moment je suis parti!
--- /Back in the days ---
Revenons à nos moutons, je me sens frais comme un écolier qui va commencer une nouvelle année. Alors Hasta siempre Amigo!
vendredi 8 août 2008
Jour 23 : Texture et diagonale
Tout a commencé un soir d'hiver dans un appartement du 15e arrondissement de Paris transformé en un pseudo studio d'enregistrement. Il faut comprendre que des amplis pro ont remplacé la Hi-Fi traditionnelle, qu'une table de mixage 16 piste trône au milieu du salon et que le ménage n'a pas été fait depuis plusieurs mois. Je m'assois dans un clic-clac fatigué et commence à discuter avec Gérard. Il me tend la traditionnelle bande-dessinée sur laquelle nous avons l'habitude de tracer nos lignes. Nous avons d'ailleurs inventé un concept lié à l'utilisation de l'ustensile : La diagonale!
--- Définition de la diagonale ---
DIAGONALE, subst. fém.
A.− GÉOM. Droite qui joint deux sommets non consécutifs d'un polygone ou d'un polyèdre. La diagonale d'un carré, d'un rectangle; l'intersection des diagonales; tirer, mener une diagonale. Le rayon de la sphère, dirigé au point que l'on considère, sera la diagonale d'un parallélipipède rectangle (Monge, Géom. descr., 1799, p. 61) :
Les figures qui possèdent les attributs suivants : quatre côtés, côtés parallèles deux à deux, côtés opposés égaux, diagonales se coupant en leur milieu, angles droits, inscriptibles dans un cercle, constituent la classe des rectangles.
Couffignal, Les Machines à penser, 1964, p. 91.
B.− P. ext.
1. Ligne traversant obliquement une surface, un espace. Une diagonale de lumière. La pluie augmenta, hachant toute la rue de ses diagonales grises (Huysmans, Sœurs Vatard, 1879, p. 38). Au croisement des routes nordiques et de la grande diagonale européenne (Morand, Londres, 1933, p. 330).
2. Spécialement
a) P. méton. Étoffe à côtes obliques par rapport aux lisières. Ensuite, ce furent une cheviotte, des diagonales, des grisailles, toutes les variétés de la laine, qu'elle eut la curiosité de toucher (Zola, Bonh. dames, 1883, p. 486).
b) CH. DE FER. Portion de voie qui fait communiquer entre elles deux voies parallèles. On établit presque toujours des diagonales dans les stations; leur but est de donner les moyens de faire passer tous les trains sur l'une des deux voies, dans le cas où l'autre serait interceptée (Bricka, Cours ch. de fer, t. 2, 1894, p. 241).
c) GÉOL. Diagonale aride. ,,Ensemble des régions sèches de l'Amérique du Sud allant depuis les abords de l'Équateur sur la côte du Pérou jusqu'à l'Atlantique en Patagonie du Sud`` (George 1970).
C.- TOXICOMANIE. Trace de cocaïne qui joint les deux coins non consécutifs d'une bande-dessinée et dont la largeur se situe entre deux et quatre millimètres. La diagonale d'un Pascal Brutal, d'un Spirou; taper, sniffer une diagonale. (Jocelyn Beaumont, Mémoires. Vol 1, 2035, p. 407)
Les supports, de taille supérieure à une bande-dessinée, qui possèdent les attributs suivants : quatre côtés, côtés parallèles deux à deux, côtés opposés égaux, diagonales se coupant en leur milieu, angles droits, inscriptibles dans un cercle, surface lisse, constituent la classe des supports bon pour taper.
Prononc. et Orth. : [djagɔnal]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1546 géom. (J. Martin, trad. du Songe de Poliphile de F. Colonna, I, 60 ro ds P. Bornecque, Les Hellénismes du vocab. de l'archit. au XVIe s., thèse dactyl., Nancy, 1966-67, 2e part., p. 25). Abrév. de [ligne] diagonale (diagonal*). Bbg. Delmond (P.). Rues, boulevards, avenues... Vie Lang. 1969, p. 549. − Gohin 1905, p. 350. − Quem. 2e s. t. 4 1972.
--- /Définition de la diagonale ---
Il est 19h et pas mal de diagonales. Gérard a arrêté de bosser depuis quelques mois et se demande ce qu'il va faire dans sa vie. Il ne sait pas s'il veut continuer dans l'informatique ou changer de voie, il est paumé mais ça l'excite. Une chose est sure, il veut faire de la musique! Et pour ça SON PLAN est implacable, digne d'Hannibal Smith :
1) Il continue d'arrêter de bosser
2) Il conclue un deal avec la boite
3) Il prend 3 mois OFF pour faire du son
4) Ca marche dans la musique et il continue
4bis) Il crée une start-up aux US
Au cas où la phase 4 ne rencontrait pas les succès escompté, il me demande si je veux participer à la 4bis... Je suis gêné, j'ai un travail moi, mais je ne veux pas le vexer. Alors je vais lui donner une idée qu'il n'exploitera jamais! Je suis même pas certain qu'il l'ai écouté jusqu'au bout...
[To be continued...]
mardi 5 août 2008
Jour 20 : Before New year's Eve 2007 (part 3)
Le compte à rebours pour la nouvelle année résonne déjà dans ma tête. Nous prenons le taxi, Pénélope demande de monter le chauffage... C'est vrai qu'il caille à cette époque de l'année dans la grosse pomme. Nous quittons le meatpacking district si cher à nos vieilles rombières de sex in the city pour rejoindre le quartier UBER HYPE (déjà en déclin alors que j'écris ces lignes) qu'est LES. Nous avons rancard avec RayRay dans une épicerie ouverte twenty four/seven. Nous achetons un pack de bière, ça constituera notre sésame.
Nous entrons dans un immeuble délabré, utilisons un ascenceur industriel et arrivons au beau milieu d'un salon gigantesque... C'est tellement beau que ça en devient presque une carricature! Le loft new yorkais typoque : briques apparentes passées à la chaux, meubles design, fenêtre gigantesques... Ecoeurant! Pénélope me lance fièrement : "t'as vu je me suis pas foutue de ta gueule! ça en jette mon after!" Effectivement, l'after en jette... Sur la table basse repose un plateau où les lignes sont déja prêtes. Il suffit juste se baisser, et ben on s'est tellement baissé que ça me fait mal au dos de m'en souvenir.
Les propriétaires des lieux ne sont pas là... En fait, l'organisateur de la soirée est un voisin à qui ils ont laissé les clefs. Ils ont de la chance il arrose les plantes et il tape dans leur réserve de champagne et de vins français. On est un connoisseur ou on ne l'est pas!
La dope aidant je commence à socialiser avec l'agent d'un groupe de rock indépendant, dont j'ai oublié le nom, qui m'annonçe fièrement avoir fait signer son groupe chez DefJam. "Un groupe de rock chez DefJam ? Et pourquoi pas Metallica chez Tuff Gong ? You're sure you wanna make it your day job?" Sur cette déclaration, notre impresario cocainomane s' empresse de ne plus parler! RayRay a commencé à me poser des questions musicales en essayant de me piéger. Je m'en sors pas mal! Je réussi même à deviner dans quelle partie du Bronx il avait grandi en l'écoutant parler de ses groupes de rap préféré : South Bronx Baby!
On a bien sympathisé avec RayRay, tellement bien que lorsque la coke s'est raréfiée il me proposé de venir chez lui pour l'aider à faire le ravitaillement... "Let's Go man, it's only 8 in the morning, I live two blocks from here. And you know what? It's very secure, it's just in front of the police station!" Normalement, dans un état normal, un mec normal se serait dit : aller chercher de la coke dans un pays étranger, chez un dealer en face d'un commissariat, ça sent pas bon ça! Et ben moi, devinez quoi ? J'y suis allé...
Nouveau lieu, nouvelle description... Quand j'étais petit ça me soulait de lire des bouquins avec trop de description... Alors je vais vous épargner et résumer l'appartement de RayRay en quelques mots. Il s'agit d'un trois pièces plutôt propre avec des icônes religieuses partout et une réserve de coke cachée dans un pot à café dans la cuisine. Nous nous installons, il me sert une bière et commence à préparer les petits sachets. Il a réparti environ trente grammes en un tas conique dans une assiette sur la table à manger et il pioche dedans avec le coin d'une carte de crédit. Il conditionne le tout dans un petit sachet en plastique zippé qu'il pèse par la suite. Sa technique est rodée, il va drôlement vite! "You wanna try?"
Je m'approche de du tas et m'applique à répliquer ses gestes. "You're all wrong man! what's the hell with you?" Il s'approche de moi avec un énorme sourire me prend la carte des mains et en prise le contenu! "It's one shot for the bag and one for you!" Nous continuons à empacter 5 nouveaux grammes au même rythme... Ca y est je suis complètement stone!
De retour au loft, nous retrouvons notre petite troupe de junkies à moitié en descente. Ils se jettent quasiement sur les quelques grammes que nous posons sur la table... C'est moche à voir, mais je suis certain que j'aurais fait la même chose à leur place...Avec un peu plus de retenue certainement, Jocelyn a un certain standing à maintenir. Pénélope me dit qu'elle vient juste de me préparer une ligne. Je refuse, je suis trop high! Nous sortons alors sur le toit de l'immeuble pour regarder Manhattan... Je n'ai plus froid, il est presque midi, c'est l'heure d'aller faire les boutiques!
Jour 19 : Fuckin' G !
Gérard est né dans une famille modeste de l'est de la France victime des années 80 et de la politique industrielle de l'époque. Il a passé toute sa jeunesse à la campagne avec dans la tête l'envie d'être un citadin qui brille. Gérard c'est une espèce de chenille qui à peine devenue papillon a voulu tester ses ailes auprès des fils électriques à heute tension. Sa frustration il l'a utilisée de différentes manières certaines positives et d'autres moins. Tout ça c'était au début des années 90, les années où sont apparues les premières free parties sur notre beau territoire. Gérard était friand de nouvelles expériences, il a donc testé, testé et testé... Jusqu'à en oublier ses limites, jusqu'à se regarder dans les yeux de sa nana du moment et se dire : Ca suffit!
La période d'accalmie, s'est traduite par la découverte d'un nouvel univers : La programmation et le développement informatique. Il est allé à l'université, le rythme pas assez soutenu ne lui correspondait pas. Comme Gérard aime s'oublier dans ce qu'il fait, à tort ou à raison, il a pris ses valises et décidé d'aller vivre son auberge espagnole en Finlande.
Un an plus tard, il revient requinqué et prêt à bouffer le monde. Coûte que coûte il voudra devenir, ce qu'il aurait du être : c'est un peu comme si Tony Montana rencontrait Pete Doherty avec Linus torvalds dans le rétroviseur! Il ramène une fille dans sa valise, la femme de sa vie celle qui est passée à peu de centimètres de lui donner des ailes. C'est à cette époque qu'on s'est rencontré, qu'on a sympathisé et que je me suis fait prendre au piège.
Le boulot m'a fait voyagé, alors j'ai fait en sorte qu'il soit de la partie. De Dakar à NYC en passant par Tana, on était inséparables. On est sorti en boite, pris des cuites, baisé des putes... On rentrait chez nous avec la culpabilité chevillée au corps! Réminiscence d'un paradis perdu... Je sais pas vraiment quand tout a basculé, j'ai juste quelques flashs! Une boite de nuit, des toilettes, un gramme de coke... Un bar d'étudiants dans le sixième, une soirée pendant laquelle il avouera à sa nana avoir repris de la dope... Sa séparation! Des errances nocturnes à deux ou en solo... Un coup de fil à Pénéloppe un soir de cuite, la rencontre avec Joe! La vie nocturne sur les grands boulevards... La dope, les dettes, l'absence au taff... La perte de vue pendant un mois, puis deux. La reprise de contact... Jocelyn entrainé dans le tourbillon... La rencontre avec Hélène, la soirée de départ pour Miami... Et puis plus rien, encéphalogramme plat... Normalement dans les films, c'est à ce moment qu'on se réveille en sueur et qu'on se dit heureusement c'était qu'un rêve... Seulement là, le rêve il s'est pas arrêté...
[To be continued... Or not...]
vendredi 1 août 2008
Jour 17 : Before New year's Eve 2007 (part 2)
Nous commençons alors une tournée des boites new yorkaises hype... Tellement hype, qu'il parait que Kate Moss a vomi sur la piste de l'une d'entre elles pas plus tard que la semaine dernière : LA GRANDE CLASSE ! Les rythmes sont ceux que j'aime, et on se rend compte qu'on est dans la ville de Jay Z... Je n'en dirai pas plus...
Dans le deuxième club nous croisons l'un des amis de Pénélope, il s'agit de RayRay. Il est grand, mince porte un jean slim et des lunettes de soleil : c'est un dealer notoire. Il n'est pas très causant, mais il a une énorme qualité : il fait le gramme à 20 dollars. Nous en achetons la quantité qu'il faut pour passer une bonne soirée. À cette époque nous avions développé avec Joe la théorie dite du "nombre de grammes suffisants". Heureusement, que ces temps sont révolus!
--- Théorie du nombre de grammes suffisants ---
Pour deux personnes qui veulent passer une bonne soirée quel est donc le bon grammage de cocaine? (NB : une bonne soirée s'étalant généralement de 23h à 7h du matin)
1er gramme : Suffisant ou pas du tout suffisant, au choix. Il permet de tenir les 2 premières heures et ensuite dodo! Dans tous les cas c'est le meilleur!
2e gramme : Le piège, le deuxième gramme ouvre la voie vers une consommation excessive. C'est généralement à la fin du deuxième qu'on se rend compte qu'il n'y en a plus assez.
3e gramme : S'inscrit dans la continuité des deux précédents. Il provoque l'accellaration de la courbe de consommation. En résumé plus on en prend, moins on la sent!
4e gramme : Le quatrième dure environ 30 minutes. C'est à ce moment là, que nos très chères narines commencent à se boucher (la moitié de chaque ligne retombre sur la table et l'autre moitié restera perdue dans les lymbes de votre cloison nasale) Il convient de gérer efficacement ce phénomène. C'est généralement à ce moment que les effets pervers de la cocaïne se font sentir : difficulté à finir les phrases entreprises, élaboration de théories débiles, voir pour certain développement du phénomène de texture (mais ce n'est pas l'objet du présent article).
5e gramme : Le cinquième est celui à partir duquel nous arrêtions, et est souvent synonyme de lever de soleil et d'oiseaux qui chantent. Il ne constitue que le prolongement du quatrième... En fait, il ne sert qu'à maintenir l'état second dans lequel on se trouve! On peut s'arrêter là mais on a toujours l'impression qu'il manque quelque chose...
6e gramme : C'est le gramme de l'oppulence, il ne sert strictement à rien... Il confirme la théorie selon laquelle le comble du luxe, serait le gachis. C'est aussi à ce moment que le corps reprend le dessus, la fatigue physique empêche toute socialisation... En un mot comme en cent, il est temps d'arrêter!
--- /Théorie du nombre de grammes suffisants ---
Les soirées new yorkaises ont une fin, et celle-ci arrive souvent entre 3 et 4 heures du matin. Certains diront que c'est tôt, d(autres que c'est suffisant, moi je dirai juste qu'on avait pas envie de s'arrêter là.
- T'as pas un plan pour un after ?
- Je sais pas... Putain t'es exigeant toi !
- Depuis le temps tu devrais le savoir non ?
- Attends, je passe un coup de fil.
Mision accomplie ! Nous sommes invités dans une après-soirée à Soho, ça doit se passer dans un loft extraodirnaire. Mais on est invité par qui au fait ? C'est ce brave RayRay qui nous a incrusté. Décidément, je l'aime bien ce RayRay et mes narines le lui rendent bien!
mercredi 30 juillet 2008
Jour 16 : Before New year's Eve 2007 (part 1)
Je prends le frais... Le retour à la vie saine : c'est mon nouveau crédo! Et ben, il s'en est pris plein la gueule le crédo... Bah oui parce que sur la route pour la californie, il y a quoi ? Et ben, il y a New York. Et à New York, il y a qui ? Et ben, il y a Pénélope! La soirée a donc commencé avec Paul à 16h en attendant la jolie demoiselle. Deux coupes de Vouve Cliquow et deux double grey goose plus tard nous la rejoignons pour l'apéro! Resto japonais, visite de notre chambre au W et séparation parce que son Boyfriend supporte pas qu'elle fricote avec un frenchie ami de longue date... C'est peut être autre chose, ça remonte peut être à la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, ça remonte peut être à janvier, c'est peut être à cause de cette soirée un peu trop folle que je me suis retrouvé personna non grata dans le coeur de ce brave Johnny... Il nous faut donc quitter ma quiétude du moment, les plages californiennes et mon histoire d'amour pour nous retrouver sept mois plus tôt! Le programme solitude, mal-être et une grosse envie d'oublier tout ça!
Je l'ai toujours dit, la meilleure façon de passer un trajet en avion, c'est de se défoncer la veille. Seulement le 28 décembre 2007, j'ai un peu forcé la dose et je me suis retrouvé à saigner du nom au beau milieu d'un Airbus qui survolait gentiment le Groenland... Ca n'avait rien à voir avec l'altitude... J'atterris à JFK le mouchoir à la main et passe avec brio les frontières du pays de la liberté. Mon Blackberry vibre, je reçois deux messages :
- Yo Mec, j'ai réservé trois clubs ce soir, ta première nuit tu vas pas l'oublier!
- Jocelyn grouille toi, le champagne va refroidir :)
Le premier est de Pénélope, l'autre de Paul qui m'attend à l'hôtel. Ca s'annonce pas mal... Les narines me piquent, atchoum! Putain, encore un kleenex bon à jeter!
Le trajet en taxi semble long, et puis tout à coup l'illumination, j'aperçois Manhattan... Les buildings éclairés se dressent devant moi à chaque fois j'ai l'impression que c'est Noel, mais on est le 28 décembre alors il faut que j'arrête d'être con. Et puis c'est connu le père noel n'existe pas. Quand on vient de Paris, ça fait un choc et on se dit toujours que Céline avait raison : "New York c'est une ville debout!". Après avoir traversé le Brooklyn Bridge, j'arrive dans le LES, Rivington Street pour être exact, The Hotel On Rivington pour être précis. Paul et Nadia m'y attendent avec une bouteille de Cristal fraichement débouchée... Ca tombe à la perfection, j'avais l'impression d'être sobre et il me fallait un remontant. Une fois l'apéro, terminé nous nous dirigeons vers le Cube 63, mon restaurant americano-nippon préféré. On y mange des Jalapeno rolls et le spicy tuna s'y accompagne de philadelphia cream cheese. C'est très bon mais ce n'est pas tout puisque le plaisir du palais s'accompagne aussi de celui des yeux : ce restaurant regorge de jolies filles. Le seul bémol serait le volume sonore produit par lesdites jolies filles. En effet, l'américaine est un spécimen spécial facilement reconnaissable aux bruits qu'elle produit : elle ne parle jamais! Au mieux elle piaille et au pire elle se met à hurler (le tout restant très aiguë et très nasal).
Nous sortons du restaurant après avoir profité du spectacle de la new yorkaise du vendredi en pré-soirée et rentrons à l'hotel. Dans le hall, je suis surpris par un cri strident. Une des jolies pintades du resto nous aurait elle suivi ? Non, bien évidément, il s'agit de Pénéloppe! Elle me saute dans les bras et me glisse à l'oreille : "On peut aller dans ta chambre j'ai une énorme envie de faire pipi..." From hell to heaven, nous arrivons dans la chambre... La vue est impressionante : une baie vitrée complète sur downtown, l'ameublement lui convient surtout le plateau miroir de la table basse.
Jour 15 : Ma rencontre avec Hélène
-- Previously in Pensées d'un trentenaire de gauche --
Tout à commencé un samedi de janvier. Après avoir passé mon après midi à tenter de trouver un cadeau pour la soirée d'anniversaire de Paula. [Jour 10]
Gérard me rejoint avec une bouteille de champagne afin de commencer la soirée en privé. je crois que c'est l'avant-dernière fois que j'ai bu un verre avec lui sans qu'il s'accompagne d'une trace de cocaine. [Jour 10]
Gérard et moi sortons du taxi et rejoignons la petite troupe d'anciens étudiants sympa pour la fête des 29 ans de ma très chère Paula. [Jour 12]
Notre premier reflex est de nous enfermer dans les toilettes du studio pour se taper des poutrelles. [Jour 12]
On crée une espèce de contre soirée dans la salle de bain, on est rejoint par Paula et stéphanie, une autre ex de Gérard. Alors que nous discutons, Stéphanie commence à me caresser la cuisse... Je trouve le geste déplacé au regard de la relation que j'entretiens avec Gérard et écarte cette main balladeuse... [Jour 12]
Gérard et moi recevons le même sms de Joe : "Yo les biatches, y a la soirée d'anniversaire de ma maitresse... Faut venir c'est all inclusive!" [Jour 12]
-- /Previously in Pensées d'un trentenaire de gauche --
Gérard et moi sortons du taxi devant le duplex... je suis certain que les bras vous en tombent : Qu'est-ce que Jocelyn a bien pu faire dans cette boite ? Et bien il est allé y trouver ce qu'il ne pensait même pas chercher : Une certaine Hélène...
Nous entrons dans la boite, passons devant les videurs... Je ne suis pas rasé, mon jean est couvert de tâches de vin de la soirée précédente et pire que tout je fais la gueule. J'ai pas envie d'être là... J'ai pas envie de danser et j'ai pas envie de parler! Nous retrouvons Joe et les convives de la soirée, ils sont un peu crispés mais pas autant que moi. Il y a une brune et deux blondes. Je ne leur dis même pas bonjour... Plus désagréable, tu meurs!
Gérard discute avec une certaine Hélène, ils dansent ensemble, s'embrassent, ils ont l'air plutôt connectés. Je ne la regarde même pas. Je passe mon temps à faire des aller-retour aux toilettes avec Joe histoire de voir si mes sinus fonctionnent encore. La soirée passe plus vite, je bois plus mais je ne m'amuse toujours pas. Je suis chargé comme un coureur cycliste et je m'amuse à faire des concours de shots avec des petits jeunes... Fatalement, ils tombent comme des mouches... Se doper c'est tricher et tricher c'est perdre, et ben je m'en fous... On va dire que je suis mauvais joueur.
Les lumières se rallument sur nos sales gueules de noctambules. Il est cinq heures du matin. Gérard propose de continuer la soirée chez moi... Nous montons alors dans un taxi et nous retrouvons à boire du cognac dans la chaleur feutrée d'un appartement atypique du 5e arrondissement. Kanye West, une bouteille de calvados artisanal et quelques grammes de coke nous permettent de continuer la soirée alors que les parisiens se lèvent pour prendre leur brunch dominical. Je me sens comme un lapin duracel la fourure rose en moins.
[The beginning...]
Jour 14 : Quelques photos intimes
vendredi 11 juillet 2008
Jour 12 : La fête bat son plein
J'ouvre mon portable et commence à écrire quelques mots. Ca va faire longtemps que je n'ai pas été assidu à l'exercice... Un page par jour, mon cul... J'ai été trop ambiteux. Fuck! Où j'en étais... Oui c'est ça, j'en suis resté à l'anniversaire de Paula, ma rencontre avec Hélène et le début de notre histoire de mésamour avec Gérard... Tout un programme!
Revenons en arrière, quittons cette terrasse secrète... Ombragée... et calme du Gérard et moi sortons du taxi et rejoignons la petite troupe d'anciens étudiants sympa pour la fête des 29 ans de ma très chère Paula. Ils sont venus ils sont tous là... Des quatre de coins de Paris, y a même Enzo le fils maudit avec des présents plein les bras. En fait, ils sont originaires de Dijon, de Poitiers et d'Arcachon... Ils sont docteurs en physique, consultants en informatique, consultants en informatique ou encore consultants en informatiqe. ils forment un clan et se connaissent depuis qu'ils sont à la fac, ils sont inséparables... Sauf quand ils se séparent... Un peu comme tout le monde. Ils fêtent leurs anniversaires ensembles, pleurent les mauvaises nouvelles ensembles... Ils se connaissent par coeur! en un mot comme en cet, ils sont chiants. Et comme on pense être des mecs super interressants avec Gérard, notre premier reflex est de nous enfermer dans les toilettes du studio pour se taper des poutrelles.
--INSERT--
POUTRELLE, subst. fém.
A. −Petite poutre. Un auvent en poutrelles de cèdre, procurant de l'ombre à l'intérieur (Renan, Hist. peuple Isr., t.2, 1889, pp.147-148). Au-dessus des étables et des granges, on se contentait de jeter des poutrelles espacées sur les poutres médianes, et, sur elles, on étendait les croûtes des troncs sciés en long (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p.136).
B. −Solive métallique employée dans la construction. De l'usine, il restait d'immenses salles sonores, lugubres, encombrées de ferraille, de débris, de poutrelles tordues (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p.141).
C.−Trace de cocaïne dépassant les limites de l'entendement. Joe et Jocelyn ont tapé des poutrelles pendant toute la soirée (Jocelyn Beaumont, Mémoires. Vol 2, 2035, p. 218).
Prononc. et Orth.: [putʀεl]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1489 (Comptes du domaine de la ville de Paris,II, 488 ds Quem. DDL t.21). Dér. de poutre*; suff. -elle*. Fréq. abs. littér.: 67. Bbg. Quem. DDL t.21.
--/INSERT--
Aujourd'hui, j'appelle ça la socialisation par l'absurde!
On crée une espèce de contre soirée dans la salle de bain, on est rejoint par Paula et stéphanie, une autre ex de Gérard. Alors que nous discutons, Stéphanie commence à me caresser la cuisse... Je trouve le geste déplacé au regard de la relation que j'entretiens avec Gérard et écarte cette main balladeuse... Gérard ne remarque rien, alors Stéphanie recommence et vise l'entre-cuisse. Je la laisse faire, J'ai une bouteille de champagne dans le nez et c'est plutôt agréable. Chez moi, la vertu s'arrête souvent au niveau de la braguette. Un nouveau convive entre dans la le carré VIP de l'appart de Paula, Stéphanie arrête so petit jeu et nous reprenons le fil normal de la conversation. La soirée passe lentement, quelques sushis et shots de vodka plus tard notre petite troupe se sépare pour ne pas manquer le dernier métro!
Gérard et moi recevons le même sms de Joe : Yo les biatches, y a la soirée d'anniversaire de sa maitresse... Faut venir c'est all inclusive! Je suis fatigué et je n'ai aucune envie de finir ma soirée au duplex. J'ai commencé la soirée avec des adolescents attardés, je n'ai aucune envie de continuer avec de vrais jeunes à faire semblant de danser la tectonique... C'est moche... Je commence à critiquer les tendances à la mode... Je vieillis... Gérard me finis par me convaincre... On saute dans un taxi direction nulle part.
[To be continued]
jeudi 19 juin 2008
Jour 10 : En attendant l'anniversaire de Paula
Tout à commencé un samedi de janvier. Après avoir passé mon après midi avec Marine, à cette époque nous formions encore un "couple", à tenter de trouver un cadeau pour la soirée d'anniversaire de Paula. Je rentre chez moi. Gérard me téléphone pour me démander si j'avais eu le temps de trouver quelque chose car s'étant levé à 18h, il n'avait pas pu chercher. Il me raconte sa soirée : le résumé est simple 3 grammes et 2 bouteilles de vodka! Après diverses tentatives, on tombe d'accord sur un cadeau : un énorme bouquet de roses. Je vais donc vers le fleuriste et commande un bouquet bicolore des rouges de la part de Gérard et blanches de la mienne. Pas la peine de faire un dessin : Gérard avait couché avec Paula et voulait le lui rappeler publiquement. Un cadeau d'anniversaire "élégant" et provocateur en somme...
Gérard me rejoint chez moi avec une bouteille de champagne afin de commencer la soirée en privé. je crois que c'est l'avant-dernière fois que j'ai bu un verre avec lui sans qu'il s'accompagne d'une trace de cocaine. Faut croire qu'on était moins accro à l'époque. Le bouchon cède sous la pression du gaz et je remplis les coupes de champagne. On trinque... On trinque à plein de choses au fait qu'on se soutient, qu'on se connait depuis longtemps et que notre amitié veut dire quelque chose... La bouteille est vide, nous pouvons partir faire la fête!
Il pleut, le taxi est coincé dans les embouteillages... Gérard en a marre d'attendre... Il gobe un dollar sans eau... Ca fera passer le temps... Moins de 4 km en 1h30 : du jamais vu! Il me demande si j'en veux un... Merci, mais non merci! la dernière fois que j'ai pris ce genre de merde, je suis resté douze heures cloué au lit avec un vieux bad. J'ai du appeler une vieille amie au secours... Heureusement, elle était là...
[To be continued...]
mercredi 11 juin 2008
Jour 2 : Introducing Joe
Il est une heures du matin, on toque à ma fenêtre, je devrais dire ma vitrine... Et oui! Je me reveille en sursaut et manque de tomber de mon canapé… J’entends une voix de derrière la vitre : “C’est Joe, je suis dehors… Ouvre, ça caille, je t'expliquerai..." Je lui ouvre la porte et l'accueille dans mon home-sweet-home.
"Qu'est-ce que tu fous là?"
"Je me suis embrouillé avec mes meufs, elles m'ont soulé... Je me suis cassé, j'ai marché et au final je me retrouve chez toi.... Et je me disais que je ferais bien de la merde ce soir!”
Ca y est le cri de ralliement est lancé : FAIRE DE LA MERDE. L'expression est vague, floue, trouble et chacun peut l'interpréter comme il le souhaite : c'est le slogan de ma génération de paumés. "faire de la merde", c'est le sésame universel (j'entends dans les quelques arrondissements dans lesquels j'évolue) pour se mettre minable!
Joe est devant moi, son t-shirt noir est déformé par des épaules transgéniques sur lesquelles tombe une impressionante tiniasse noire. Joe, je l’aime bien. C’est un peu mon Samson de la défonce. Je l'ai connu par le biais de sa soeur Pénélope, ahhhhh Pénélope... Nos relations ont d'abord été professionnelles puis amicales.
Il sors des sachets de sa poche et les pose sur ma bibliothèque Cinna.
"Prends une BD, va pas rayer la laque..."
"T'es relou, avec tes meubles à la con, on peut rien faire avec!"
Une paire de ciseaux et le tour est joué. Le sachet de plastique éventré déverse son contenu blanc la courverture d’un album de Pascal Brutal. Joe prend la carte de credit visa premier périmée que je conserve spécialement à cet effet et commence à casser méthodiquement les morceaux de cocaïne pour les réduire en une poudre fine et uniforme.
"C’est le premier qu’est-ce que tu penses de le couper en deux ?"
"Que du bien…"
Il sépare deux lignes longues et épaisses, on appelle ça des poutrelles. Un billet roulé, une longue inspiration, et c’est fait… La poutrelle qui m’était destinée a presque disparu. Alors, parce qu’il faut bien finir le travail, j’humecte mon index et récupère le surplus présent sur le quatrième de couverture. et me frotte les dents. Ca y est j'ai les yeux qui pleurent.
Joe approche le tube de papier bleu de son nez, il inspire a son tour. La poudre blanche remonte vite, atteint son conduit nasal, passe dans sa gorge, lui laisse un goût amer dans la bouche, se mélange à son sang. Ses yeux son grand ouverts injectés de sang, sa machoire se contracte…
La soirée va commencer, le seul problème c'est qu'on est loin d'en voir la fin.


